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Les études urbaines en Afrique anglophone : la littérature, la recherche et la formation

Annie-Claude Labrecque
Mars 2010

Nous vous invitons à nous faire part par courriel de vos commentaires, remarques ou suggestions sur le contenu des capsules thématiques.

Présentation
Cette capsule thématique fait suite à la capsule thématique introductive dressant un portrait général des études urbaines en Afrique anglophone. Elle a pour but d’explorer plus en profondeur, pays par pays, la littérature, la recherche et la formation universitaire se concentrant sur les enjeux urbains depuis les années 1980, mais surtout depuis les années 2000.  

1. Les différentes régions

L’Afrique anglophone se divise en trois ensembles géographiques. Il y a l’Afrique sub-saharienne au sud du désert du Sahara, l’Afrique orientale qui couvre l’extrême est du continent et finalement l’Afrique australe qui regroupe les pays du sud du contient.

Carte des divisions régionales de l’Afrique   

Afrique sub-saharienne
Ghana
Au Ghana, en 2008, le taux de population urbaine atteint 50%, avec un taux de croissance urbaine annuel de 3.5%. Plusieurs zones urbaines du Ghana, tout comme dans la majorité des pays étudiés, résultent de la présence coloniale, bien que quelques centres urbains existaient auparavant. La construction d’un réseau urbain plus étendu date cependant d’après l’indépendance du pays et suit les paradigmes du néo-libéralisme et du post-modernisme (Otiso et Owuau, 2008 : 145). Au Ghana, le développement urbain s’appuie sur la croissance rapide des villes de petite et de moyenne taille, sur le développement des régions et sur la décentralisation. En 2000, 96% des centres urbains ghanéens étaient de petite ou de moyenne taille (Owusu, n.d.). 

Au niveau de la formation, trois universités ghanéennes s’intéressent d’une manière lointaine aux enjeux urbains, la priorité demeurant les études rurales et agraires. La Kwame Nkrumah University of Science and Technology possède un College of Architecture and Planning qui dispense, dans son département d’architecture, une formation de 2e et de 3e cycle en architecture, ainsi qu’en construction de bâtiment et en économie du territoire. Le département de planification, quant à lui, offre des maîtrises en planning, en management et en politique et planification du développement. L’Institute for Development Studies du département des sciences sociales de l’University of Cape Cost offre une maîtrise en démocratie, gouvernance, droit et développement et une autre en gestion environnementale et politique. Finalement, l’University for Development Studies possède une faculté de planification et de gestion du territoire, mais le site internet de la faculté ne fonctionne pas. Ajoutons à ces universités l’Institute of Local Government Studies (ILGS), dont la mission est de développer une gouvernance locale efficace et efficiente au Ghana en offrant une formation de qualité aux administrateurs locaux, chefs et officiers de district, ingénieurs, gestionnaires, inspecteurs locaux du gouvernement, autorités traditionnelles, etc. L’institut se concentre surtout sur les notions de décentralisation, d’administration et de gouvernement local, de développement planifié, de gestion de l’environnement local, de développement économique local et de partenariat public-privé. 
 
Libéria
Le pays a vécu une désastreuse guerre civile qui s’est étendue de 1989 à 2003, avec une courte pause en 1997. Ces problèmes internes ont causé la mort de 150 000 Libériens et en ont déplacé 850 000 autres (IRIN, 2009). Les Nations Unies poursuivront jusqu’aux élections présidentielles et législatives de 2011 leur mission de maintien de la paix. Monrovia, la capitale du pays où se déroulent encore des épisodes de violence, concentre près de 40% de la population totale du Libéria, les communautés rurales s’étant vidées au cours des années de guerre civile (IRIN, 2010). Plus de la moitié de la population de la capitale, qui est la seule grande ville du pays, vit avec moins d’un dollar par jour.

Dans ces conditions, les enjeux de pauvreté urbaine et de subsistance alimentaire sont les plus étudiés et sont au centre de plusieurs projets d’intervention d’ONG et d’institutions internationales. Entre 1982 et 1987, un large projet de la Banque mondiale visait le développement urbain du pays et le développement du logement urbain. La guerre civile a cependant mis un terme aux efforts de croissance. Plusieurs programmes d’études universitaires se concentrent donc sur les questions de sécurité nationale, d’équilibre politique et de reconstruction. La Graduate School in Regional Science de l’University of Liberia se concentre sur le développement régional et rural, sur l’économie rurale et urbaine, sur la planification des transports, sur la planification et la gestion environnementale, sur l’urbanisation, etc. De son côté, la Cuttington University offre des diplômes de deuxième cycle en planification, en management et en administration publique.   
 
Nigéria
Le Nigéria est le pays le plus populeux d’Afrique, en plus de posséder un réseau urbain dense extrêmement développé et étendu s’appuyant sur plusieurs villes de plus d’un million d’habitants. L’expérience urbaine nigériane est donc exceptionnelle en Afrique, autant par son ampleur et sa rapidité de croissance que par ses antécédents (Alkali, 2005). Malgré l’originalité du processus d’urbanisation du pays, l’intérêt pour les questions urbaines y est récent, la pauvreté rurale et le développement rural ayant été pendant longtemps des sujets de questionnement plus prioritaires (Simbowale et Osinubi, 2003). Au cours des années 1970 et 1980, plusieurs écrits scientifiques seront publiés. Quelques uns des sujets abordés sont le développement urbain, les migrations urbaines, les divers enjeux de la transition démographique, la place de l’agriculture dans les villes et l’occupation du sol. Il y a toutefois peu de nouveaux écrits se penchant sur les problèmes conjoncturels induits par le développement urbain rapide, tels que la pauvreté, la violence urbaine, l’exclusion et la délinquance. Il existe tout de même certains documents gouvernementaux traitant de la nécessité d’aborder le développement urbain d’une manière plus durable et de faire une planification durable du développement des villes.

Le réseau universitaire nigérian est très développé. Le grand nombre d’universités sur le territoire permet une offre diversifiée de programmes de formation et de recherche, entre autres en études urbaines. La School of Environmental Technology de l’ATBU Abubakar Tafawa Balewa University offre des programmes de premier cycle en architecture, en planification urbaine et régionale et en design architectural. L’Ahmadu Bello University, l’université la plus importante du pays et la deuxième en Afrique après celle du Caire, possède un department of local government and development studies (faculté de l’administration), un département d’architecture et un département de planification urbaine et régionale (faculté de design environnemental). L’université offre également un doctorat en physical planning and municipal services. Au niveau de la recherche, nous retrouvons l’Agricultural Extension and Research Liaison Services et l’Institute for Agricultural Research, qui se concentrent sur les questions populaires de développement agraire et rural. La faculté des sciences environnementales de la Ambrose Alli University possède un département d’architecture qui offre des maîtrises et des doctorats en architecture avec concentration possible en housing and management technology ou en urban design and community development, ainsi qu’un département de géographie et de planification régionale dont le diplôme ouvre la porte de la Nigerian Institute of Town Planning. Plusieurs professeurs du département de géographie de la Benue State University s’intéressent aux questions urbaines et étudient certains phénomènes de la ville tels que l’urbanisation, le design urbain, le logement, le leadership, la planification urbaine, la géographie urbaine, etc. Le département de géographie et de planification régionale du College of Business and Social Sciences (Crawford University) offre une formation de premier cycle en géographie et en planification urbaine et régionale. Le College of Environemental Sciences (Crescent University) offre des programmes d’étude en architecture, en building and construction management et en planification urbaine et régionale.

Plusieurs autres facultés et département possèdent des programmes de planification urbaine et régionale. Notons entre autres la faculté des sciences environnementales de Ladoke Akintola University of Technology, la faculté de design environnemental et de gestion de l’Obafemi Awolowo University, la faculté des sciences environnementales de l’Osun State University, le département de planification urbaine et régionale de la faculté des sciences sociales de l’University of Ibadan, la faculté des sciences environnementales de l’University of Job et la faculté des sciences environnementales de l’University of Uyo. Cette dernière université offre également, par sa faculté des sciences sociales, une maîtrise en administration publique et une autre en géographie et planification avec plusieurs choix de spécialisation, dont en études urbaines.

Sierra Leone
Entre 1992 et 2002, la Sierra Leone a été en guerre civile. Le conflit, financé par la vente de diamants de contrebande, a ravagé le pays. Le secteur de l’agriculture a été anéanti, les institutions ont été détruites et de nombreux professionnels ont fui à l’étranger (CRDI, n.d.). La question urbaine la plus préoccupante est donc celle du maintien de la paix, en priorité dans les grandes villes telles que Freetown, où les tensions, surtout politiques, demeurent, ce qui provoque encore des épisodes de violence (Curran et Woodhouse, 2008 ; Wlodarczky, 2009). La question de l’agriculture en milieu urbain est également préoccupante étant donné qu’elle est le moyen de subsistance d’une proportion importante de la population urbaine du pays.

Aucune des deux universités du pays (la Njala University et l’University of Sierra Leone) ne propose des formations ou des programmes de recherche s’intéressant aux questions urbaines. Le CRDI (Centre de Recherches pour le Développement International Canadien), quant à lui, mène depuis plusieurs années des programmes de recherche-intervention et de recherche-développement en Sierra Leone afin, entre autres, d’améliorer la situation des populations urbaines. Les interventions du CRDI ont été suspendues durant la guerre civile. Aujourd’hui, le CRDI collabore avec le gouvernement de la Sierra Leone. Deux projets visent le renforcement de l’agriculture urbaine et un troisième porte sur l’établissement de partenariats entre les secteurs public et privé en vue de favoriser la création d’infrastructures dans le pays. Le programme sur l’agriculture urbaine et périurbaine (AUP) (2002-2005) avait pour but la création de compétences locales afin de promouvoir localement la recherche et le développement sur l’agriculture urbaine et périurbaine, la production de données sur l’étendue et le rendement de l’AUP et la contribution à des politiques futures appuyant l’AUP, surtout dans la capitale. Le Nordic Africa Institute (basé à Uppsala) a mis de l’avant plusieurs programmes de recherches sur les dynamiques urbaines, dont la recherche Youth and Marginality in Urban Sierra Leone (2004).

Afrique orientale
Kenya
Depuis son accession à l’indépendance en 1963, la croissance urbaine au Kenya est explosive et se décrit par une augmentation significative du nombre et de la taille des centres urbains, par une grande dispersion géographique de l’urbanisation et par une augmentation de l’influence de ses villes sur la scène globale (Otiso et Owuau, 2008). La capitale du Kenya, Nairobi, s’est développée selon les normes coloniales britanniques qui favorisaient la ségrégation sociale et raciale, ainsi qu’une fragmentation du tissu urbain basée sur la hiérarchie des groupes sociaux. Ainsi, les bidonvilles de Nairobi se caractérisent par leur âge avancé, leur étendue et leur diversité (IFRA, n.d.). Avant les années 1980, beaucoup d’ouvrages se sont penchés sur l’urbanisation du pays (Morgan, 1969 ; Laurenti 1972 ; Kimuyu, 1993), sur la planification et sur l’aménagement urbain (Mckee, 1973 ; Obudho, 1981), sur les questions de pauvreté urbaine, de bidonvilles, d’accès au logement, aux services, aux denrées, etc. Malheureusement, il y a peu d’ouvrages scientifiques récents s’intéressant aux questions urbaines.

Au niveau de la formation, le thème urbain trouve des échos dans plusieurs universités. Le department of environmental planning management de la School of Environmental Studies de la Kenyatta University offre des cours de 2e et de 3e cycle tels que planification, gestion, gestion des déchets et contrôle de la pollution et regional, rural, urbain site and neibourhood planning. Elle offre également des cours de premier cycle en revitalisation et redéveloppement urbain, en études des bidonvilles et en planification et gestion des services publics. La School of Environmental Studies de la Moi University offre un programme de maîtrise et de doctorat en environmental planning and management. À l’Université de Nairobi, nous retrouvons dans le département d’architecture et de science de la construction (building science) une maîtrise en gestion urbaine, ainsi que plusieurs projets de recherche en habitation et en design urbain. La School of the Built Environment de l’université possède, quant à elle, un département de planification urbaine et régionale qui offre un programme de premier cycle en planification urbaine et régionale, un programme de deuxième cycle en arts et planification et un programme de troisième cycle en planification urbaine et régionale. L’école supporte également plusieurs projets de recherche s’intéressant aux études urbaines : RUIRU Urban Plan, The Role of the Private Sector in Housing Supply in Kenya, An Axis of Urban Heritage and Design in Kenya (PhD) et Development of Local Physical Plan for Eastleigh North, Nairobi.  La School of Environment and Earth Science de la Maseno University, pour sa part, offre des maîtrises en projet de planification et de gestion, en géographie, en gestion environnementale urbaine et en sciences environnementales avec un attrait particulier pour les enjeux urbains. La Jomo Kenyatta University of Agriculture and Technology offre un diplôme de deuxième cycle en design urbain et un diplôme de deuxième et de troisième cycle en architecture. L’université soutient plusieurs projets de recherche, entre autre l’Urban Design and Housing in Nairobi and Public Space Needs in Informal Settlements en 2007 et le Traditional and Cultural Aspects in Rural and Urban Housing en 2000. Notons finalement la School of Architecture and Built Environment de la Kenya Polythechnic University College et son département de planification urbaine et régionale.

Ouganda
L’Ouganda est le pays le moins urbanisé de la présente étude, le taux d’urbanisation étant de 13% en 2008. Par contre, le taux annuel de croissance urbaine entre 2005 et 2010 est de 4.4%, ce qui est relativement important. Ainsi, il est estimé qu’en 2035, plus de 30 % de la population ougandaise sera urbaine (Kato, 2009). Depuis les années 1980, l’Ouganda est marqué par la guerre civile et par des épisodes d’instabilité politique. Ces événements ont anéanti l’économie du pays, surtout dans le Nord. Par contre, il semble y avoir une accalmie depuis le début des années 2000, ce qui a été bénéfique pour le développement de la démocratie (Mukwaya, 2004). Les villes ont également profité de cette pacification pour se développer grâce à de nouvelles opportunités industrielles, au commerce, aux investissements, aux communications et à la remise en place d’infrastructures et de services sociaux. Malgré tout, la croissance urbaine ougandaise est marquée par de grands problèmes structurels et de subsistance (Mukwaya, 2004). Conséquemment, les enjeux liés aux conditions de vie urbaines, notamment l’agriculture urbaine, les maladies urbaines, le SIDA, l’entassement, l’augmentation démographique, l’insalubrité, etc. sont grandement étudiés, surtout d’un point de vue politique. 

Ainsi, les questions de gestion urbaine, de gouvernance et d’administration semblent être une priorité dans les universités du pays. La Makerere University offre une spécialisation en gestion et en administration publique, dont plusieurs cours sont liés aux enjeux urbains, via son département de sciences politiques et d’administration politique. La faculté des études du développement de la Mbarara University of Science and Technology propose plusieurs sujets de recherche, tels que la gouvernance et la planification locale et l’analyse de conflits et développement. La Kabale University offre des diplômes de maîtrise et de doctorat en administration publique et gestion et en projet de planification et de gestion. La faculté de l’environnement bâti de l’Uganda Martyrs University offre des maîtrises en architecture, en architecture du paysage et en design environnemental, en plus de soutenir un Centre of Good Governance and Peace Studies. Au niveau de la recherche seulement, notons le  Centre for Urban Studies and Research, qui est une organisation non-gouvernementale, fondée en 2007, dédiée à la promotion de la durabilité urbaine, au développement équilibré et à la bonne gouvernance urbaine du district de Kampala.    

Tanzanie
L’urbanisation en Tanzanie se caractérise par une expansion spatiale non planifiée, une importante densification du bâti, une prolifération des habitations informelles, une détérioration des services sociaux, un déclin de l’emploi et de l’économie formelle et une augmentation du rôle et de l’importance des secteurs informels d’activités et de modes de subsistance — tels que l’agriculture urbaine — surtout dans les bidonvilles (Leriste, Lupala, Meshack et Kiunsi, 2004). Plus de 70 % de la population urbaine tanzanienne vit dans des habitations informelles ou non-planifiées et 60% du stock de logement disponible se trouve dans ces quartiers improvisés (Kyessi et Kyessi, 2007 ; Ndezi, n.d. ; Seleki, n.d.). Seulement à Der-es-Salaam, la plus grande ville du pays avec ses quatre millions d’habitants, les deux tiers de la population vivent dans des logements informels (Ndezi, n.d.).

La littérature urbaine se concentre donc en général sur les problèmes du logement et des habitations informelles, ainsi que sur les problèmes de pollution de l’environnement urbain (l’eau en particulier – Marobhe, 2008; Mbuligwe et Keseva, 2005), qui sont devenus l’expression de maux structurels plus profonds influencés par le passé colonial et socialiste du pays (IFRA, n.d.). Sans être directement liés aux enjeux urbains, les thèmes de développement (régional, local, coopératif et des communautés), de planification, de gestion et d’administration sont abordés autant dans la littérature que dans la formation universitaire et dans la recherche. À l’Ardhi University, la School of Urban and Regional Planning, qui existe depuis 2007, offre des diplômes de deuxième cycle en planification et gestion urbaine et développement et en planification et gestion urbaine et régionale. La School of Architecture and Design, quant à elle, offre un diplôme de deuxième cycle en architecture. Finalement, l’Institute of Human Settlement Studies (IHSS) offre une riche expertise en planification rurale et urbaine, en sciences de l’environnement, en ressources hydrauliques, en architecture, en ingénierie civile et environnementale. L’IHSS soutient plusieurs projets de recherche liés au développement durable, à l’approvisionnement urbain en eau, à la création d’un engagement politique et bureaucratique afin de supporter les communautés et leurs besoins, etc. De l’University of Dar-es-Salaam, le College of Engineering and Technology offre des formations des trois cycles universitaires en gestion et en ingénierie des transports et des grandes artères routières. Sur la question de la gouvernance, notons l’implication de la Banque Mondiale, via le Local Government Support Project (2004-2012), dans la mise en place de politiques de décentralisation fiscale, de développement de l’efficience et de l’efficacité des ressources gouvernementales locales, d’accès aux ressources, aux services et aux infrastructures urbaines et des politiques pour l’amélioration de l’aspect général de Dar-es-Salaam. Le projet de la Banque Mondiale a mené à la publication en 2007 de certains résultats de recherche (The Urban Transition in Mainland Tanzania: Building the Empirical Base for Policy Dialogue) avec la collaboration du gouvernement de la Tanzanie et du Tanzanian Cities Network (TACINE) (fondé en 2007) dont l’objectif est de construire d’ici 2025 une capitale tanzanienne moderne sans bidonvilles.
     
Afrique australe
Afrique du Sud
D’emblée, il est important de noter que deux phénomènes majeurs ont touché les villes d’Afrique du Sud : la mondialisation économique et la démocratisation politique suite à des années de politique d’apartheid prônant la division stricte des races, provoquant une importante fragmentation urbaine (Gervais-Lambony, 2004). La recherche urbaine sud-africaine fut longtemps, et demeure, dominée par les questions nationales et est animée par les universités anciennement « blanches » (Witwatersrand, Natal et du Cap), naguère marquées par des engagements politiques contre l’apartheid et aujourd’hui dirigées vers des objectifs opérationnels (Gervais-Lambony, Jaglin et Mabin, 1999 :13). L’apartheid a complexifié le processus d’urbanisation du pays. Durant plusieurs décennies, l’urbanisation des personnes noires fut difficile, car elles étaient contraintes de vivre dans des zones précises (réserves, bantustans, homelands) loin du centre de la ville et où aucune mesure de planification, d’organisation ou d’aménagement n’était appliquée. Ainsi, tout au long des années d’apartheid, l’urbanisation de l’Afrique du Sud fut lente, exception faite des quartiers blancs. Il a fallu attendre l’abolition de cette politique en 1991 avant d’observer une urbanisation plus large et mieux organisée partout dans le pays. Malgré tout, une question demeure. Est-il maintenant possible en Afrique du Sud de construire un environnement urbain viable et équitable pour tous les groupes ethniques? (voir le lien)

Dans ce contexte, la formation et la recherche universitaire et non universitaire mettent un accent important sur les notions de planification, d’aménagement et de réaménagement de la ville (Grest, 2001; Bekker, Leildé et Puttergill, 2005) comme si la nécessité était de revoir, refaire et repenser les villes afin d’éliminer les traces qu’ont laissées les années d’apartheid sur l’organisation urbaine, mais également sur le cadre urbain. D’autres sujets secondaires, mais toujours liés au développement urbain et au passé d’apartheid, tels que le logement informel, l’intégration urbaine, la réduction de la pauvreté (Landau, 2008), le développement durable des communautés désavantagées, les migrations (Kok et Collinson, 2006 ; Vidal, 2007) et la crise de l’emploi en milieu urbain (Cornwell et Inder, 2004) sont aussi étudiés, surtout dans la littérature.

Dans plusieurs universités, les thèmes urbains sont traités dans les facultés et les départements de planning, d’architecture et d’ingénierie. Il y a tout d’abord la School of Architecture, Planning and Geomatics de l’University of Cape Town, le Centre de recherche en architecture, planification et architecture de paysage, qui se concentre sur des questions d’architecture, d’environnement bâti, de processus de modernisation de Cape Town, de design et de planification durable, etc. et le groupe de recherche en transport urbain. L’Université possède également l’African Center for Cities qui depuis 2007 travaille à faciliter la critique de la recherche urbaine et des discours politiques et vise la promotion d’un développement urbain dynamique, démocratique et durable pour les pays du Sud et plus particulièrement ceux d’Afrique. Le centre offre deux programmes de recherche académique : l’un portant sur les initiatives africaines en urbanisme et l’autre sur la sécurité alimentaire. Il offre également plusieurs programmes de recherche urbaine appliquée dont le CityLabs qui s’intéresse à la densification de Cap Town, aux changements climatiques, à la santé en ville et à l’écologie urbaine.

La School for the Built Environment de l’University of Pretoria possède un département d’architecture et un département de planification des villes et des régions. Ce dernier département fait des recherches sur les enjeux de développement urbain stratégique, sur le développement économique local et la régénération rurale, sur le logement sécuritaire et durable et les espaces urbains et sur les méthodes et les techniques de planification. L’University of Western Cape possède une School of Government qui offre des programmes de premier, deuxième et troisième cycle liés à la gouvernance et à la gestion publique, aux politiques publiques, aux études sur le développement, sur la citoyenneté et sur la démocratie. Notons finalement l’University of the Witwatersrand qui, par le biais de sa faculté d’ingénierie et de l’environnement bâti, possède une école d’architecture et de planification qui offre plusieurs maîtrises liées au développement, à la planification et à la gestion des espaces urbains et régionaux. L’école fait aussi plusieurs recherches, entre autres sur les thèmes du développement régional et urbain durable, de l’habitat et du logement, de l’architecture et de l’urbanisme en Afrique.

 Au niveau de la recherche à l’extérieur des institutions universitaires, notons la présence du Human Sciences Research Council (HSRC) et du South African Planning Institute. Le HSRC appuie divers programmes de recherches, dont l’Urban, Rural and Economic Development (2005-2006), pour la promotion du développement intégré des milieux urbains et ruraux en Afrique du Sud, et dans le sud de l’Afrique et l’Urban Development Implications of the FIFA World Cup 2010 on South Africa Cities (programme en cours), qui vise l’étude des retombées sur l’urbain de la série mondiale de soccer de 2010. N’oublions pas l’Institut français d’Afrique du Sud (IFAS) à Johannesburg, qui répond à la volonté de la France de prendre part à la construction de la nouvelle Afrique du Sud dans le domaine de la recherche en sciences humaines et sociales. L’Institut a, depuis neuf ans, mis l'accent sur le thème de la reconstruction des espaces et des identités dans l'Afrique du Sud post-apartheid, puis sur le thème de l’observation des indicateurs du changement social et politique. L’IFAS finance plusieurs projets de recherche en Afrique du Sud, mais également ailleurs sur le continent africain dont : Régénération urbaine. Regards croisés Nord-Sud (depuis février 2009), Gouverner les villes d’Afrique : lois, institution locales et identités urbaines depuis 1945 par le GDRI (Groupement de recherche international) et Privatisation de la sécurité dans les villes d’Afrique subsaharienne, sur les dynamiques urbaines et les nouvelles formes de gouvernance (de 2004 à 2006).
  
Botswana
La transition urbaine au Botswana s’est beaucoup ralentie depuis les années 1990. Le taux d’urbanisation s’élève maintenant à 60% et le taux de croissance urbaine est autour de 2.5% depuis les cinq dernières années. Le développement urbain dans ce petit pays a été facilité par son accession pacifique et négociée avec la Grande-Bretagne à l’indépendance (ONU au Botswana). Plus encore, trois éléments caractérisent particulièrement le processus équilibré d’urbanisation au Botswana : l’augmentation importante des territoires habités considérés comme urbains, le développement d’agro-towns qui a permis une migration rurale-rurale au lieu d’une migration rurale-urbaine et finalement, la localisation stratégique de poches de population en réseau avec les centres industriels, commerciaux et administratifs du pays (Gwebu, 2004 : 10). L’urbanisation suivant un chemin différent au niveau des changements démographiques et migratoires, ce sujet est étudié par certains (Silitshena, 2001)   

Le Botswana étant un petit pays, il n’est pas surprenant de voir le peu d’intérêt porté aux études urbaines. Seule l’Université du Botswana, par l’entremise de sa faculté d’ingénierie et de technologie, possède un département d’architecture et de planification. Malheureusement, la page Internet du département est en construction. Au niveau de la recherche, le CRDI a financé, entre mai et septembre 2001, un programme de recherche et d’intervention international nommé AGROPOLIS. La division canadienne de la recherche AGROPOLIS portait sur l’exploration des effets du genre sur les systèmes d’agriculture et de commerce urbain à Gabotone. La question de l’agriculture urbaine est un enjeu urbain étudié au Botswana (Mougeot, 2005 ; voir les travaux de Daphne Keboneilwe, 2001)

Lesotho
Avant l’indépendance du Lesotho en 1966, les Britanniques avaient accordé peu d’importance au développement de la capitale du pays, Maseru. Celle-ci est donc restée, jusqu’à la fin des années 1960, confinée dans ses limites coloniales, avant de connaître, suite à l’indépendance, une croissance importante. En 2006, un demi-million de personnes, soit le quart de la population du pays, vivent dans le district de la capitale (Encyclopaedia Universalis). Le pays demeure à 75% rural, les activités économiques étant essentiellement tertiaires depuis que les rares industries du textile, du tapis ou de la bougie ont périclité. Conséquemment, la moitié de la population de la capitale est sans travail et très pauvre (Encyclopaedia Universalis).

Malgré nos recherches, il semble y avoir très peu de production scientifique sur les enjeux urbains au Lesotho. Notons seulement le travail de Lochner Marais sur les dilemmes et les enjeux urbains au Lesotho (2001). Il ne semble pas y avoir de programme de recherche ou des projets d’intervention pour l’amélioration du milieu qui soient financés par des ONG ou des organisations internationales. Au niveau de la formation, nommons la faculté des sciences sociales de la National University of Lesotho, qui offre une formation de premier cycle en planification urbaine et régionale et une formation en administration publique.

Malawi
Le Malawi, avec le Libéria, est le pays qui s’urbanise le plus rapidement en Afrique anglophone. Selon une étude du British Department for International Development, alors qu’en 1998, 14% de la population vivait en ville et que ce pourcentage a monté à 24% en 2004, les estimations montrent qu’en 2020, c’est 44% de la population du Malawi qui vivra en ville (Ndoye, 2004). Malheureusement, cette rapide croissance urbaine n’est pas associée à une croissance économique. Conséquemment, la pauvreté urbaine devient un fardeau pour ce pays. Les bidonvilles sont de plus en plus importants et leur développement s’accélère autour des villes (UN-Habitat, n.d.). Dans ce contexte, UN-Habitat supporte les efforts du gouvernement et de plusieurs ONG afin de favoriser une industrialisation durable du pays et afin de mettre en place des programmes de logements (Cities Without Slums Programme, Malawi National Slum Upgrading Programme, Malawi Housing Policy).

Bien qu’il y ait peu de littérature récente sur les enjeux urbains au Malawi, nous avons trouvé certains travaux portant sur les retombées négatives de la croissance urbaine rapide, entre autres au niveau de la pauvreté (Chilowa, 1999) et de la salubrité urbaine et leurs conséquences sur la santé des enfants, sur les conditions de vie, sur la dépendance alimentaire (Mkwambisi, 2008), sur les milieux, sur les ressources (l’accès et la préservation) et sur l’habitat urbain (Manda, 1996 ; Chilowa, 1996 ; Nyasule et Cloete, 2005). Ces travaux ont souvent une connotation davantage sociale et humanitaire qu’urbaine. Au niveau de la formation, l’Université du Malawi possède un département de géographie et des sciences de la terre qui offre des cours de premier cycle s’attardant aux enjeux urbains et régionaux, tels que urban studies and principles of town planning, rural development studies, principles of regional planning, advanced town planning.

Namibie
La Namibie, avec l’Afrique du Sud et dans une moindre mesure l’Ouganda et le Kenya, sont des pays ayant appliqué de différentes manières et à différents degrés une politique d’apartheid. Ainsi, la capitale de la Namibie, Windhoek, est une ville où la recherche d’un ordre par l’institutionnalisation d’une ségrégation raciale et ethnique a été poussée à l’extrême. L’espace urbain de la ville a été divisé en trois zones résidentielles distinctes : un township pour les Noirs, un second pour les Métis et le reste de la ville était réservée aux Blancs (Sohn, 2000). Les agencements spatiaux devaient minimiser les interactions sociales afin d’assurer une absence totale de mixité. La trame urbaine à Windhoek était donc grandement conçue en tant que lieu d’exploitation et de domination des populations africaines (Sohn, 2005). Conséquemment à l’urbanisation tardive de certaines populations à cause de l’apartheid, près de 40% de la population namibienne vit présentement dans des habitations informelles et est confrontée à de graves problèmes de chômage, surtout dans le Nord et chez les jeunes (Fjeldstad, Geisler et al, 2005 : VIII).

Ce pays est au centre de peu de recherches ou travaux portant sur l’urbain. Plus tardives, les quelques recherches furent en priorité consacrées à l’évaluation de l’héritage de l’apartheid (au niveau de l’aménagement de la ville et des inégalités qui demeurent - Dubresson et Graffe, 1999 ; Sohn, 2000, 2005 ; Peyroux, 2004, 2005, au niveau de l’urbanisation de la pauvreté et de la survie alimentaire et au niveau des mouvements de migrations ou de déplacements – Frayne et Pendleton, 2001). Les vues d’ensemble sur le processus d’urbanisation du pays demeurent rares (Gervais-Lambony, Jaglin et Mabin, 1999). Quant à la formation universitaire, elle s’intéresse très peu aux questions urbaines. La faculty of humanities & social sciences de l’University of Malawi possède un département de géographie, d’histoire et d’études environnementales dont certains cours couvrent quelques enjeux urbains. De plus, la faculté possède depuis 2002 un laboratoire pour les analyses spatiales.
 
Swaziland
Étant donné sa grande dépendance économique envers l’Afrique du Sud, l’urbanisation au Swaziland, qui est encore une monarchie, a été soumise aux aléas économiques de la région. La précarité de la vie dans les campagnes était si grande qu’une grande partie de la population s’est vue forcée de migrer vers les villes alors qu’elles n’étaient pas en mesure de les accueillir (Miles Mafafo, 2001). Aujourd’hui, 40% de la population active est incapable de se trouver un emploi (Sihlongonyane, 2003 :246). Ce contexte politico-économique explique en partie pourquoi le pays est si peu urbanisé (19% en 2008) et pourquoi le taux de croissance urbaine demeure faible (1,7% entre 2005 et 2010). En 2003, Manzini, la plus grande ville du pays compte une population de 70 000 habitants, alors que la capitale du pays (Mbabane) regroupe 58 320 habitants (Sihlongonyane, 2003 : 247). Les chercheurs notent que la croissance urbaine au Swaziland, bien que lente, est non-planifiée et incontrôlée, ce qui aggrave les problèmes d’emplois et de mises à pied, de déficits, de violences urbaines et de pillages (Sihlongonyane, 2003 : 253-254).  

Outre le département de géographie, de sciences de l’environnement et de planning de la faculté des sciences de l’University of Swaziland, qui offre une option de formation de premier cycle se concentrant sur la planification urbaine et régionale, le Swaziland n’offre pas d’autres formations s’intéressant aux études urbaines. Au niveau de la recherche, les thèmes liés à la gouvernance ont été populaires grâce à la Banque mondiale, très active au Swaziland, entre autres avec les différentes phases du projet Swaziland Urban Development Project entre 1994 et 2005, puis avec le groupe GHK du Royaume-Uni entre 2003 et 2008. Ensemble, ils ont mis sur pied le programme Swaziland : Local Government Project (SLGP) (2008).
  
Zambie
Les études urbaines en Zambie ont été assez prolifiques aux lendemains de l’indépendance du pays en 1964 et durant la décennie suivante. Un institut français a publié dans les années 1960 une collection de working papers sur les études urbaines, ainsi que divers documents sur les modalités géographiques et les changements sociaux dans les communautés citadines. Dans les années 1970, c’est surtout la question de l’habitat qui retiendra l’attention des chercheurs (Gervais-Lambony, Jaglin et Mabin, 1999 : 15). Puis, avec les années 1980 et 1990 et même 2000, il y a un fléchissement des études sur les questions urbaines. Les chercheurs se concentrent davantage sur des problèmes sociaux plus vastes (legs colonial – Mwinba, 2002, pauvreté – Fallavier, Mulenga, Jere et al, 2005, maladies urbaines – Dubois, Sinkala et Kalluri, 2006; Lowenthal, 1991, populations fragiles, accès et protection de ressources, subsistance alimentaire – Simatele et Binns, 2008) qui se passe dans l’espace urbain, mais sans s’y attarder outre mesure. 

La pauvreté urbaine est un problème important en Zambie. Elle est due aux faibles revenus (le chômage et le sous-emploi étant majeurs) et aggravée par le surpeuplement, le manque d’accès aux infrastructures et aux services, y compris les denrées de subsistance telles que l’eau potable (Fallavier, Mulenga, Jere et al., 2005). L’agriculture urbaine devient donc un moyen de survie indispensable pour plusieurs ménages et est de plus en plus prise en considération dans les stratégies de développement urbain et de planification (Simatele et Binns, 2008). Au niveau de la formation, les problèmes urbains trouvent quelques échos dans les programmes. La Copperbelt University possède une école de l’environnement bâti qui offre un programme de premier cycle en urban and regional planning, qui s’intéresse au développement planifié des régions urbaines et rurales du pays. L’École des études supérieures de l’université, quant à elle, offre un master of science in project management visant l’amélioration de la gestion des projets dans les communautés.

Zimbabwe
Plusieurs villes zimbabwéennes reflètent encore les traditions coloniales de planification conçues pour promouvoir la ségrégation raciale, ce qui oblige maintenant les autorités du pays à revoir de grandes parties de leur trame urbaine (Brown, 2001). En 2008, la capitale du pays, Harare, a une population de deux millions d’habitants et un taux de croissance entre 5% et 7%. Au Zimbabwe, on évalue que 75% de la population est pauvre et 47% est très pauvre (Climate Institute, 2008). Aux prises avec une succession de budgets déficitaires, une importante inflation, une pénurie de nourriture et de carburant, un manque chronique de devise (ONU, 2005) et pour faire face à la pauvreté urbaine extrême, le gouvernement à mis en place en 2005 l’Opération Muramabtsvina (Restore Order), qui visait la destruction des bidonvilles faits de quartiers et de commerces informels. Amnesty international estime à 700 000 le nombre de personnes ayant perdu leur domicile et leurs moyens de subsistance suite à cet épisode. Les victimes de cette politique devaient être relogées par l’application de l’Opération Garikai/Hlalani Kuhle (Vie meilleure). Malheureusement, peu en ont profité, le projet ne répondant pas aux normes internationales relatives au logement convenable (Amnesty international, 2009).  

Au niveau de la recherche, la question urbaine fut grandement étudiée par des chercheurs zimbabwéens, britanniques et sud-africains, principalement suite à l’indépendance du pays dans les années 1980. Durant la décennie suivante et même au cours des années 2000, afin de répondre aux malaises urbains se développant et se diversifiant, les chercheurs se sont moins concentrés sur la ville en tant que phénomène pour étudier davantage ses réalités politiques, économiques et sociales, en traitant de sujets comme la déségrégation, la pauvreté (Brown, 2001), l’accès au logement (Schlyter, 2003) et la gouvernance (Kamete, 2007, 2007b), la planification et la gestion urbaine (Wekwte, 1999; Kamete, 2009, 2009b). Notons également l’existence de la Zimbabwe Institute of Regional and Urban Planners, qui se concentre sur la gestion et l’aménagement de l’environnement. Au niveau de la formation, notons la présence du département de planification rurale et urbaine de l’University of Zimbabwe, qui offre une formation de premier cycle sur quatre ans en planification des milieux ruraux et urbains. Finalement, la National University of Science and Technology possède une faculté de l’environnement bâti qui offre plusieurs programmes de deuxième cycle liés aux enjeux urbains : architecture, science de la construction et gestion de projets, architecture du paysage et design urbain.

2. Les programmes de recherche internationaux ou multinationaux  

En terminant, nos recherches ont permis d’identifier quelques structures de recherche financées soit par différents gouvernements (à l’intérieur ou à l’extérieur d’Afrique), soit par des organismes internationaux ou des ONG qui s’intéressent aux questions urbaines en Afrique australe.

Ainsi, le PRUD (Programme de recherche urbaine pour le développement) de France, mentionné précédemment, a financé plusieurs équipes de recherche se concentrant sur des termes urbains. Notons le projet Décentralisation et gouvernance urbaine en Afrique subsaharienne, particulièrement en Afrique du Sud, au Nigéria et en Tanzanie (de l’Université Paris X Nanterre et de l’Association Géotropiques); le projet Innovation et modification des champs urbains: évaluation de l’action municipale dans le centre déshérité de Johannesburg (de la Wits Institute of Social and Economic Research de l’Université de Johannesburg) et le projet Stratégies des acteurs, dynamiques urbaines et structuration des territoires : une mise en parallèle de l'Afrique de l'Ouest et de l'Afrique Australe. Aménagement des couloirs de transport sous-régionaux et dynamiques de polarisation des activités (du Centre d’économie et d’éthique pour l’environnement et le développement de l’Université Versailles Saint-Quentin en Yvelines), qui se concentre entre autres sur l’Afrique du Sud.

Le Canada, par l’entremise du CRDI (Centre de recherche pour le développement international), a financé entre les années 2002 et 2005 un vaste projet pour l’accès des pauvres à des ressources pour l’agriculture urbaine à Harare (Zimbabwe), Kampala (Ouganda) et Dar-es-Salaam (Tanzanie), afin de définir des interventions publiques pour l’amélioration de l’accès aux ressources pour l’agriculture urbaine et péri-urbaine. Ce projet a été réalisé grâce à une collaboration avec le Municipal Development Partnership Eastern and Southern Africa (MDP) basé au Zimbabwe.

Le MDP vise à solidifier les capacités d’auto-gouvernance locale dans les pays d’Afrique subsaharienne et met l’accent sur les nécessités d’appropriation et de participation directe des parties prenantes aux décisions. Le MDP, intéressé par les questions de paix et de sécurité, de desserte de services publics, d’agriculture urbaine et de développement économique local, a mis sur pied plusieurs programmes de recherche : l’Africa Local Governance Program (ALGP), le Cities Farming for the Future Programme et le Policy Research and Governance. Finalement, le MDP, qui opère dans 25 pays d’Afrique de l’est et du sud, mais qui concentre davantage ses activités au Botswana, en Éthiopie, au Kenya, au Malawi, au Mozambique, en Namibie, au Rwanda, en Afrique du Sud, au Swaziland, en Tanzanie, en Ouganda, en Zambie et au Zimbabwe, aspire à devenir un leader crédible et un centre respecté d’analyse et de critique des questions relatives au gouvernement et à la gouvernance locale. Le MDP a établi quelques partenariats internationaux, entre autres avec la Fédération canadienne des municipalités, l’UN-Habitat et le gouvernement des Pays-Bas.

Finalement, il y a le MEGA Cities Research Project, un réseau transnational à but non lucratif regroupant des individus de divers milieux (gouvernement, entreprise, organisme, université et média). Ses activités visent l’échange de solutions novatrices aux problèmes urbains auxquels ses membres font face dans leur quotidien ou dans leurs activités professionnelles. La vision du projet est de transformer la ville en prônant la justice sociale, le développement durable, la régénération écologique, la participation politique, la vitalité économique, tout en respectant l’histoire, le patrimoine et la culture des populations concernées.

3. Références

Cette liste de références ne fait pas état avec exhaustivité de tous les travaux écrits au cours des dix dernières années sur le fait urbain en Afrique anglophone. Il s’agit ici qu’un premier exercice de compilation. Vous êtes invité à nous faire part des lacunes de cette bibliographie afin que nous puissions la compléter.  
 
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Dernière mise à jour du site www.vrm.ca : 3 février 2012