L’urbanisation, la mondialisation, les réformes municipales, le conglomérat médiatique, l’utilisation massive de la technologie, constituent des phénomènes qui marquent les relations dans une communauté. Face à ces mouvements globalisants et aux pressions qu’ils exercent sur les communautés, est-il possible de penser que celles-ci sont en mesure de se gouverner ? Mary Louise McAllister, dans son ouvrage Governing Ourselves ? The Politics of Canadian Communities, s’intéresse non seulement au fonctionnement des municipalités, mais au processus politique de prise de décision, c’est-à-dire au système d’influence de la gouvernance. Cette analyse de type systémique met l’accent sur la complexité de l’environnement politique, soit l’interrelation des systèmes politique, social, économique et physique ainsi que la multiplicité des acteurs et des relations qu’ils entretiennent entre eux. L’objectif de cet ouvrage est donc de comprendre les facteurs qui affecte le processus de prise de décision dans les municipalités canadiennes. Les villes canadiennes, de Vancouver à Iqaluit, ont adopté des politiques semblables afin de répondre aux nouveaux enjeux. Ces politiques sont toutefois modulées selon les caractéristiques propres à chaque ville : sa culture politique, son histoire, son économie, sa géographie, ses structures institutionnelles et ses modes de communication. Pour chacune des cinq sections de la monographie, des exemples sont donnés. L’accent est mis sur les villes de taille moyenne, dont Saint-John, Sherbrooke, Kitchener-Waterloo et Prince George, qui illustrent les ressemblances et les différences existant entre les villes canadiennes. Governing Ourselves ? explore cinq principaux thèmes : la notion de démocratie locale (partie 1), les relations intergouvernementales (partie 2), les politiques municipales en matière d’urbanisme et d’environnement (partie 3), l’entreprenariat comme politique administrative (partie 4) et les communications dans le monde politique (partie 5). En analysant les différentes définitions de la notion de démocratie locale, l’histoire de la gestion locale et les multiples formes de participation, Mary Louise McAllister arrive à deux principales conclusions. Les acteurs dans le monde politique municipal utilisent différentes définitions du terme de démocratie locale selon leur compréhension du fonctionnement de la société démocratique. Certaines visions s’imposeront, car les individus les valorisant contrôlent les éléments-clés qui influencent la politique locale, c’est-à-dire les institutions politiques et législatives, les structures administratives, les médias, etc. La politique locale apparaît ainsi élitiste. La seconde partie de l’ouvrage de Mary Louise McAllister trace l’évolution des relations intergouvernementales (des trois niveaux de gouvernement : municipal, provincial, fédéral). L’auteure s’intéresse particulièrement à la période récente de réforme municipale qui visait, par la révision de certaines législations, une plus grande autonomie des municipalités, mais qui finalement a eu peu d’impact sur les relations qu’entretiennent les municipalités avec les autres paliers gouvernementaux. Les trois dernières parties forment le coeur de l’analyse de l’auteure. Elle observe les relations entre les forces sociopolitiques et l’environnement, le secteur privé et le monde médiatique. Les principaux défis des municipalités, en ce qui concerne l’environnement, seront de reconnaître les relations dynamiques entre la communauté et l’environnement physique, d’élaborer des politiques environnementales qui dépassent les frontières administratives des municipalités et donc de collaborer avec des organismes régionaux. Une autre enjeu pour les municipalités consiste en l’augmentation de l’influence du secteur privé dans le monde politique ainsi que la diffusion de la logique marchande (dans laquelle le citoyen devient un consommateur/payeur) dont les objectifs (de rentabilité entre autres) s’inscrivent en opposition avec les valeurs démocratiques (dont l’accessibilité). Enfin, Mary Louise McAllister en relevant le rôle crucial des communications dans la politique locale démontre que les individus contrôlant les médias ou leur contenu sont souvent ceux qui ont le plus d’influence dans le monde politique.
Introduction Partie 1: Local Democracy, a Contested Notion 1. Local Self-Government: Perspectives on Democracy
2. Local Democracy and Self-Government: The Historical Legacy
3. Avenues of Participation in Local Governance
Partie 2: Shifting Responsibilities: Intergovernmental Relations
5. Municipal Restructuring
6. Contemporary Intergovernmental Relations
Partie 3: The Politics of Space, Place, and Ecosystems
8. The Politics of Urban Planning
9. Environmental Challenges: Redefining the Public Interest
Partie 4: The Business of Local Administration and Policy
11. Business, Management, and the Municipal Corporation
Partie 5: Surfing into the Twenty-First Century: Local Political Communications
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Dernière mise à jour du site www.vrm.ca : 15 mai 2012
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