Postulant que les conditions de logement influencent la vie quotidienne des individus, et, de façon générale, leurs modes d’inscription dans la société, les directeurs et auteurs cherchent à comprendre comment l’habitation agit sur la nature du lien social pour certains citoyens marginalisés, soit les personnes ayant des troubles sévères de santé mentale et les personnes résidant en milieu HLM (habitations à loyer modique). En effet, l’habitation peut être un vecteur de lien social positif ou négatif; les milieux où se concentrent des situations sociales problématiques, comme ceux étudiés ici, sont généralement perçus comme des vecteurs de lien social négatif. Notons que dans cet ouvrage, on s’intéresse plutôt aux liens de voisinage qu’au lien social dans son ensemble. L’ouvrage est divisé en deux parties; la première porte sur les milieux de vie dans lesquels se concentrent plusieurs personnes avec des problèmes majeurs de santé mentale, tandis que la deuxième s’intéresse aux milieux HLM. Pour les gens ayant des troubles sévères de santé mentale, l’habitation non-institutionnelle peut être un lieu de domination ou de pauvreté. Par ailleurs, le zonage et plusieurs stéréotypes associés aux problèmes de santé mentale jouent un rôle dans la «mise à distance», la marginalisation de la maladie mentale. Dans ce contexte, les chapitres de la première partie visent à mieux comprendre les circonstances dans lesquelles le logement peut servir de point de départ au lien social. Par exemple, le chapitre 2, qui est un texte de Paul Morin et Henri Dorvil intitulé «Le pouvoir d’agir des personnes ayant des problèmes majeurs de santé mentale logeant en maison de chambres», s’intéresse à la manière dont ces personnes habitent l’univers des maisons de chambre. Les chambreurs sont les ex-psychiatrisés qui sont les plus satisfaits de leur qualité de vie, notamment à cause de l’intimité qu’ils retrouvent dans ce type d’habitat; or, les maisons de chambres se font de plus en plus rares dans le paysage urbain. À partir d’entrevues avec des propriétaires de petites et grandes maisons de chambres, en ville et en région, et de résidents, les chercheurs ont dégagé trois types de résidents : a) les nomades urbains; b) les outsiders; c) les dépendants délaissés. Les auteurs concluent que pour les résidents ayant des problèmes de santé mentale et vivant en maison de chambres, le chez-soi n’est pas tout à fait un lieu de pouvoir personnel. Les caractéristiques des maisons de chambres influencent en effet la capacité d’agir. De plus, les règles de vie en maison de chambres sont souvent appliquées de façon arbitraire, au cas par cas. La deuxième partie de l’ouvrage porte sur le milieu HLM. Ce type d’habitat a été pensé pour représenter un apport à la santé et au bien-être des gens qui y habitent. En effet, un postulat sous-tendant le programme HLM est qu’il y a un lien entre le logement, la santé et le bien-être. Toutefois, dans les dernières décennies, le profil des locataires en HLM s’est considérablement modifié : il y a maintenant beaucoup de pauvreté, de personnes seules et de personnes ayant des problèmes de santé mentale. Il s’agit maintenant de milieux dans lesquels sont accumulés plusieurs problèmes sociaux; il y a concentration spatiale de populations vulnérables et de situations problématiques. Dans ce contexte, on peut se demander si les HLM sont une source de liens sociaux négatifs. Toutefois, les Offices municipaux d’habitation (OMH) sont devenus des acteurs sociaux, et non simplement des gestionnaires de logements : ceux-ci peuvent organiser toute activité sociale ou communautaire favorisant les résidents et les locataires ont le droit de former une association. Les textes de la deuxième partie s’attardent à au développement social et urbain dans une perspective de valorisation de la mobilité sociale en milieu HLM. Plus particulièrement, ils cherchent à comprendre dans quelles circonstances les HLM peuvent être un vecteur de lien social positif. Les chapitres 5 à 8 analysent des expériences québécoises, tandis que les chapitres 9 à 11 proposent un regard sur des expériences torontoise, néerlandaise et italienne. Liste des figures et tableaux Introduction générale Partie 1 Chapitre 1 Chapitre 2 Chapitre 3 Chapitre 4 Partie 2 Chapitre 5 Chapitre 6 Chapitre 7. Chapitre 8 Chapitre 9 Chapitre 10 Chapitre 11 Notices biographiques
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Dernière mise à jour du site www.vrm.ca : 8 septembre 2010 |
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