Recherche et pandémie – Entrevue avec Marie-Hélène Bacqué

Tout dépend de quel point de vue on parle, mais ce qui ressort de cette crise, c’est l’importance des inégalités sociales et sanitaires et la façon dont elles se jouent dans la ville. En France, il y a eu tout un débat, un peu paradoxal. D’un côté on s’est aperçu qu’il y avait un grand nombre d’emplois invisibles et mal payés dans la société et que ce sont eux qui ont fait tenir la société pendant la pandémie. Mais d’un autre côté, les médias ont pointé du doigt les quartiers populaires où vivent ces mêmes travailleurs et travailleuses en disant que c’est là que les gens ne savent pas respecter les règles. Ces deux regards contradictoires rendent bien compte de la situation de ces quartiers dans la société française.

Recherche et pandémie – Entrevue avec Stéphane Guimont Marceau, Magalie Quintal Marineau et Laurent Vernet

En virtuel, le cours se termine et l’ordinateur s’éteint! Les étudiant.es ont noté qu’il manquait cet espace de transition entre le moment où le cours se termine et le moment où ils et elles se retrouvent chez eux. C’est comme s’il n’y avait plus de frontière entre l’espace d’apprentissage et le chez-soi. C’est revenu souvent dans leurs commentaires.

Recherche et pandémie – Entrevue avec Louis Gaudreau

Si j’avais à me prononcer sur l’avenir, je serais de ceux qui pensent que tout porte à croire que les choses risquent de revenir à la normale plutôt que de changer de manière durable. Pourquoi ? Parce que tous les efforts des pouvoirs publics convergent vers cette option. (…) Pour que ça change, il faudrait que l’on réalise que des alternatives sont à notre portée. (…) des alternatives qui ne mettent pas en péril l’abordabilité des logements existent déjà sans que cela nécessite une grande révolution. C’est davantage une question de volonté politique.

Recherche et pandémie – Entrevue avec Emmanuel Ravalet

Nous avons aussi bien sûr ressenti un fort impact sur le plan méthodologique. Bien qu’habitués au télétravail, la pratique de l’urbanisme telle qu’on la défend passe par une analyse fine des populations et des processus de décision. Tous nos outils d’échange, de partage, d’écoute nécessitent d’être adaptés. Les entretiens individualisés, les focus groups, l’observation participante, les entretiens informels dans les espaces de mobilité ou les espaces publics, tout cela ne fonctionnait plus pendant trois mois et fonctionne encore mal aujourd’hui. (…) Paradoxalement, l’implication de la population est rendue plus difficile alors même qu’on est dans une période où c’est plus important que jamais de l’impliquer.

Recherche et pandémie – Entrevue avec Manuel Rodriguez

On apprend à travailler d’une autre façon, je communique beaucoup avec les étudiants via la plateforme Zoom. Même si ce n’est pas comme à l’habitude, je me considère somme toute assez privilégié parce que j’ai à ma disposition une équipe de soutien fabuleuse, je travaille avec des chercheurs et des collaborateurs inspirants, et je supervise des étudiants passionnés qui, malgré les difficultés, ont gardé le cap pendant la pandémie. Ce qui a été plus difficile, c’est la gestion de tous les détails de chacun des projets, de continuer à motiver et à soutenir les étudiants et de revoir tous les protocoles des laboratoires pour tenir compte de la distanciation sociale et des mesures sanitaires.