Le morcellement du territoire français caractérisé par un grand nombre de communes de même que par la création de nombreuses structures intercommunales, visant à résoudre les problèmes liés à la « sur-administration locale », constituent deux éléments qui ont été particulièrement mis sous la loupe lors de la mise en œuvre de la Loi Chevènement en 1999. Cette loi a remis en lumière les risques d’une nouvelle superposition des structures et visait à régler une surinstitutionnalisation, mais en a suscité une autre. En outre, après la promulgation de cette loi, on constate que ce nouveau cadre légal provoque un changement de nature et une redéfinition de territoire. En ce sens, la Loi Chevènement est considérée dans cet ouvrage collectif comme une étape charnière dans l’émergence politique des agglomérations. Cette loi traduit des transformations majeures dans le pouvoir politique territorial en interaction. Cet ouvrage, dirigé par Emmanuel Négrier et François Baraize, réunit des spécialistes d’agglomérations françaises qui ont constitué ensemble un cadre d’analyse homogène sur les conditions territoriales de l’invention de l’agglomération. L’échantillon retenu est représentatif de plusieurs dimensions : la couleur politique, la taille, les configurations politiques et les « cultures politiques ». Divers types d’agglomérations ont été sélectionnées : des métropoles (Bordeaux, Marseille, Montpellier), des agglomérations franciliennes (la « Plaine commune », Mantes) et des villes moyennes (Chambéry, Voiron, Béziers). Chacune des monographies tient compte d’un schéma relativement ouvert aux spécificités régionales. Ainsi, les cadres de réception de la Loi Chevènement, la mise en œuvre conséquente d’une stratégie, les conditions et effets du leadership, le rôle du préfet, le rapport du projet aux milieux économiques de même que la mise en jeu des niveaux d’action publique et de représentation ont constitué des éléments de la grille d’analyse ayant permis l’étude de chacun des cas choisis. Les analyses font état de « situations contrastées où l’établissement d’une communauté résulte, selon les cas, d’un aboutissement logique, d’un rapport de force plus explicite ou d’une inversion spectaculaire de tendance » (24). En outre, les situations retenues illustrent diverses difficultés. Finalement, une synthèse conclusive tente de dresser un inventaire des différents constats établis sur les enjeux communs de la démarche. Les agglomérations étudiées mettent en évidence un paradoxe quant aux multiples indices d’une invention de territoires, mais soulignent les limites assez fortes en regard de la nouveauté. En ce sens, la Loi Chevènement est une invention sans innovation selon les auteurs. Parmi les ingrédients du succès ou de l’échec des projets d’agglomération, l’existence d’un leadership territorial, sa nature et son intensité apparaissent déterminantes.
Introduction Chapitre 1 Chapitre 2 Chapitre 3 Chapitre 4 Chapitre 5 Chapitre 6 Chapitre 7 Chapitre 8 Conclusion: L’invention politique de l’agglomération
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Dernière mise à jour du site www.vrm.ca : 3 février 2012
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