Les auteurs de ce volume se penchent sur le rôle et les formes qu’emprunte la participation des usagers et des citoyens à la gestion des services publics, dans une perspective qui en retrace l’évolution depuis les quarante dernières années. En effet, dès la Révolution tranquille, les Québécois ont exigé d’avoir un accès direct aux institutions étatiques et de participer à la gestion des établissements de première ligne. La participation publique est devenue une composante indispensable de la gestion des services publics dans les démocraties libérales et demeure un trait caractéristique du modèle québécois. Elle constitue plus que jamais un enjeu majeur en ce qui concerne l’avenir des choix sociaux en matière de gestion des services publics. C’est à partir d’une approche sociopolitique faisant appel à une problématique de la gouvernance, que les auteurs tentent d’appréhender ces phénomènes. Les auteurs rappellent les diverses configurations institutionnelles qu’a emprunté le modèle québécois au cours des quatre dernières décennies. D’abord de type keynésien, interventionniste et centralisé, il a instauré, sous les pressions des mouvements sociaux, des scènes décisionnelles auxquelles sera intégré le secteur communautaire, qui deviendra par la suite fortement professionnalisé et partenaire de l’État pour cogérer la remise en question de l’État providence. Les auteurs nous rappellent que les critiques du modèle québécois émanent de deux registres idéologiques, l’un néolibéral et l’autre, plus progressiste, désirant revenir aux acquis du modèle des années 1970. Le livre se divise en trois chapitres, dont le premier vise à établir un état des lieux de la littérature sur la gouvernance et la transformation des États modernes. Le deuxième chapitre présente une analyse historique à la fois de la construction de la santé et de l’éducation en tant que secteurs de politiques publiques au Québec et du rôle qu’ont joué les revendications participatives dans la structure des systèmes en place. En se basant sur des recherches empiriques, le troisième chapitre a pour objectif de mettre en lumière la complexité de la réforme de l’État dans laquelle aspiration identitaire, gestion de la pénurie budgétaire, choc des légitimités professionnelles et profanes, interculturalisme et don de soi au service de la société, s’entrechoquent. Aux termes de leur recherche qui s’est notamment appuyée sur une série d’entretiens menés auprès d’acteurs publics et sociaux clés, les auteurs présentent un portrait beaucoup plus complexe de la réalité de la participation des citoyens à la gestion des services publics qu’ils ne l’avaient anticipé. La participation des usagers et des citoyens devient un espace de médiation, voire de régulation où s’inventent de nouveaux compromis sociaux et ouvre la porte à un débat sur la démocratisation de l’État.
Introduction 1. Transformations de l’État, participation et gouvernance 2. La participation des usagers dans les secteurs de la santé et de l’éducation 3. Aléas et avatars de la participation
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Dernière mise à jour du site www.vrm.ca : 8 septembre 2010
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