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Nouvelle - 13 octobre 2009

Brussels Studies, la revue scientifique électronique pour les recherches sur Bruxelles - VIENT DE PARAÎTRE - Numéro 30

Florence Delmotte, Michel Hubert et François Tulkens : Les schémas directeurs, et après ? L'avenir du développement urbain à Bruxelles en question.

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La gestion de l’urbanisme a connu à Bruxelles, comme dans d’autres villes, des « luttes urbaines », voire des « batailles » (cf. la Bataille de la Marolle). Nous avons consacré notre livraison précédente à un retour sur l’histoire du Quartier Nord, victime du Plan Manhattan de sinistre mémoire (v. Brussels Studies, n° 29).

Ces conflits n’ont pas seulement laissé de douloureux souvenirs dans la mémoire des Bruxellois, ils ont aussi profondément modifié la manière de gérer la ville. Un outil récent – le schéma directeur – est l’héritier de cette histoire mouvementée. Il est ainsi présenté par les responsables politiques comme procédant d’une volonté de « ne pas répéter les erreurs du passé ». Conçu dans le cadre du Plan régional de développement (PRD) de 2002, le schéma directeur a été présenté comme l’outil privilégié du déploiement des quatorze « zones leviers » définies dans ce même Plan. Il a été mis  en œuvre pour la première fois au cours de la législature régionale passée. Brussels Studies consacre son trentième numéro à une première évaluation de cet instrument.

Tour et Taxis, Gare de l’Ouest, Cité administrative de l’état, etc., les « zones leviers » sont des espaces cruciaux pour le développement de la ville où de radicales réorientations urbanistiques sont nécessaires. Pour y parvenir, il s’agit de réunir les acteurs privés et publics, mais aussi les habitants des zones concernées et de les amener à définir conjointement l’avenir de ces espaces par le biais d’un « schéma directeur ». Ce dernier est alors porteur d’une triple promesse : de meilleure coordination de l’action publique, de partenariats public/privés (PPP) efficaces et de réelle participation démocratique.

Sur la base d’une étude empirique de plusieurs cas, dont celui emblématique de la Cité administrative de l’état, et d’une après-midi d’échanges et de réflexions tenue autour de ses résultats, Florence Delmotte, Michel Hubert et François Tulkens (Facultés universitaires Saint-Louis) interrogent le nouvel outil « schéma directeur » ; où il apparaît qu’il y a loin de la coupe aux lèvres. La complexité administrative, la divergence des intérêts entre secteurs public et privé et la difficulté à instaurer une participation réelle des habitants mettent à mal l’efficience d’un outil qui n’a, somme toute, aucune valeur contraignante.

Les auteurs ne s’en tiennent bien entendu pas à ce constat d’échec (partiel). Loin de recommander l’abandon de l’instrument étudié, ils esquissent au contraire des pistes susceptibles de permettre son amélioration. Si l’outil « schéma directeur » va dans la bonne direction, il appelle en effet d’autres avancées vers une gestion de l’urbanisme à la fois plus démocratique, plus efficace, respectueuse de l’intérêt collectif et porteuse d’avenir pour la ville. Une manière de tourner résolument le dos aux projets mégalomaniaques qui défigurèrent Bruxelles et en meurtrirent le tissu social

 

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