Nouvelle - 27 janvier 2010Brussels Studies, la revue scientifique électronique pour les recherches sur Bruxelles - VIENT DE PARAÎTRE - Numéro 34Alice Romainville : À qui profitent les politiques à l’acquisition de logements à Bruxelles? Accéder au site web / Accéder directement à l'article La question du logement est, on le sait, un souci majeur pour Bruxelles, et ce à de multiples niveaux. L’on songe bien entendu à la hausse des loyers et du prix des logements et à la difficulté corrélative des Bruxellois à se loger. La part du budget qu’ils consacrent à leur habitat a en effet continuellement augmenté au cours des vingt dernières années. Ensuite, la question du logement est indissociable des réflexions sur la revitalisation des quartiers défavorisés de Bruxelles qui, si on ne fait rien, sont appelés à accueillir l'essentiel de l'essor démographique qu'on nous annonce et à voir s'y concentrer la pauvreté. Enfin, la problématique du logement met en jeu l’attractivité résidentielle d’une ville qui cherche à attirer ou à maintenir sa classe moyenne, notamment pour des raisons fiscales et budgétaires. Le gouvernement bruxellois a fait de cette problématique une priorité ; ainsi la politique du logement représente-t-elle aujourd'hui près de 6% de l'ensemble des dépenses régionales. Depuis la création de la Région de Bruxelles-Capitale, en 1989, environ 40% de ce budget va à l'entretien et à la mise en location d'un parc de 38 000 logements sociaux, stock devenu largement insuffisant aujourd'hui (avec quelque 33 000 ménages en attente), le reste étant essentiellement affecté à des politiques de soutien à la propriété et de rénovation urbaine. Dans la 34ème livraison de Brussels Studies, Alice Romainville, géographe à l’ULB (IGEAT) se penche sur les politiques de soutien à la propriété mises en place par la Région bruxelloise pour canaliser l'investissement privé vers certains quartiers populaires qu'elle aimerait voir réinvestis, à la fois par les promoteurs privés et par une population à revenus plus élevés. Il ressort de son analyse que ces mesures sont fondées sur des objectifs flous, ce qui nuit à leur définition précise. Ainsi, les objectifs d’attractivité résidentielle et de mixité sociale sont-ils interprétés de manière variable, entraînant des fluctuations dans les politiques mises en œuvre qui s’adressent tantôt aux ménages à revenus moyens, tantôt à ceux disposant de ressources très modestes. Certes, le succès de ces aides à la propriété est tout relatif : si elles ont permis une nette amélioration de la situation des ménages qui en ont bénéficié, elles restent assez peu utilisées. Il n’en demeure pas moins qu’elles entraînent des déplacements de populations qui peuvent avoir des effets sociaux considérables, notamment en amplifiant des mouvements de gentrification et de hausse des loyers déjà à l’œuvre dans certains des quartiers ciblés. Derrière les discours sur la mixité sociale, l’on procéderait plutôt à un encadrement de la gentrification. Comment, en effet, en l’absence de régulation des loyers privés, prétendre éviter l’exclusion des ménages les plus pauvres ? Il semble dès lors urgent de clarifier les objectifs poursuivis par les politiques régionales en matière de logement.
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Dernière mise à jour du site www.vrm.ca : 3 février 2012 |
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