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Vieillissement et enjeux d'aménagement: regards à partir de différentes échellesColloque organisé par Paula Negron (Université de Montréal) et Anne-Marie Séguin (INRS-UCS) dans le cadre du 78e Congrès de l'ACFAS à l'Université de MontréalLieu : Université de Montréal Salle : à déterminer 1. Description du colloque Diverses disciplines abordent le lien entre vieillissement et espace, peu de recherches s’intéressent toutefois à cette problématique de façon multidisciplinaire. En géographie, plusieurs recherches ont porté sur la distribution des personnes âgées dans l’espace métropolitain. Parallèlement, des chercheurs, géographes et spécialistes des études urbaines, ont étudié le thème de l’accessibilité aux équipements et services urbains, mais sans s’intéresser à une population spécifique telle celle des aînés. À une échelle plus fine, bien que le phénomène du vieillissement sur place ait été signalé dans de nombreuses études longitudinales, la question de l’adaptation de l’habitat ne s’est jamais posée avec autant d’acuité que maintenant. Deux éléments du contexte actuel justifient l’urgence d’agir. Premièrement, à l’instar d’autres pays industrialisés, le processus de vieillissement s’accentuera au Québec dans les deux prochaines décennies. Statistique Canada prévoit, en 2031, que les 65 ans et plus pourraient représenter 25,3 % de l’ensemble de la population québécoise (Statistique Canada, 2005). Ce vieillissement rapide de la population conduit des chercheurs et des intervenants à se questionner sur la capacité des espaces déjà construits à répondre aux besoins de ce groupe de population. Deuxièmement, la volonté des pouvoirs publics de retarder le plus longtemps possible la prise en charge institutionnelle des personnes âgées nécessitera des ajustements aux espaces bâtis afin de permettre aux personnes âgées de demeurer autonomes le plus longtemps possible au sein de leur quartier, voire de leur logement. Ce nouveau contexte social interpelle un éventail de professions liées à l’aménagement de l’espace : designers pour l’adaptation des espaces intérieurs pour répondre aux limitations physiques des individus vieillissants, spécialistes de l’aménagement urbain pour les adaptations à apporter aux quartiers, géographes pour prévoir localement les effectifs d’aînés et l’offre d’équipements, etc. Aussi, le colloque propose d’aborder le lien entre vieillissement et espace à partir des regards posés par des chercheurs et des intervenants de diverses disciplines travaillant à des échelles spatiales différentes. Nous espérons que ce parti pris permettra d’enrichir les réflexions autour d’un phénomène qui aura des incidences majeures sur les demandes sociales formulées à l’égard de l’aménagement de l’espace et de la production/transformation du logement dans les années à venir. De plus, il permettra d’éclairer les décisions des divers acteurs afin de contribuer à la mise en place de conditions d’habitat qui permettront d’assurer le bien-être de toute une génération de Québécois. Le colloque a été structuré en deux grandes sessions qui permettront d’aborder les questions du vieillissement et de l’aménagement à partir de l’échelle de l’agglomération urbaine et de celle des quartiers et des bâtiments. Le colloque se conclura par une table ronde où des intervenants de terrain, issus de milieux interpellés par le vieillissement de la population et l’aménagement, seront invités à déterminer les thèmes de recherche liés aux enjeux spatiaux qu’ils jugent prioritaires et à commenter les recherches présentées. Session 1 : La problématique du vieillissement à l’échelle des agglomérations urbaines Session 2 : La problématique du vieillissement à l’échelle du quartier et du bâtiment Table ronde : Vieillissement et aménagement, les enjeux 2- Programme Session 1 09:00 - 12:05 Présidence/animation : Paula Negron Poblete, Université de Montréal Mot de bienvenue Anne-Marie SÉGUIN, INRS-UCS; Philippe APPARICIO, INRS-UCS; Paula NEGRON POBLETE, Université de Montréal La répartition changeante des personnes âgées dans les agglomérations montréalaise et québécoise : un défi pour la création d’environnements résidentiels de qualité pour les aînés Dans un contexte de vieillissement accéléré, faire des villes des milieux de vie de qualité pour les aînés constituera un des défis majeurs des prochaines décennies. Ce défi est d’autant plus grand que la distribution de la population âgée n’est pas stable dans le temps. Notre étude s’attache à décrire le caractère changeant de la répartition de la population âgée à l’intérieur des régions métropolitaines de Montréal et de Québec, de 1981 à 2006. L’originalité de notre étude consiste à distinguer deux groupes de personnes âgées, celles de 65 à 74 ans et celles qui ont 75 ans ou plus. Les questions suivantes sont abordées. Observons-nous une concentration accrue ou une dispersion des aînés dans le temps, soit de 1981 à 2006? Les patrons sont-ils les mêmes chez les deux groupes de personnes âgées? Cela se traduit-il par une suburbanisation accrue de la population âgée, et surtout très âgée? Les deux métropoles suivent-elles des patrons d’évolution semblables? Pour répondre à ces questions, nous avons calculé les valeurs de plusieurs indices de ségrégation mesurant différentes dimensions de ce phénomène et nous avons cartographié des quotients de localisation, de 1981 à 2006. À la lumière de nos résultats et de travaux sur les politiques sociales urbaines réalisés dans d’autres contextes nationaux, nous discuterons ensuite des principaux défis d’aménagement et de distribution des services et équipements que devront relever nos deux grandes métropoles vieillissantes.
Marie-Hélène VANDERSMISSEN, Université Laval Mobilité et espaces d’activité des 65 ans et plus dans la région urbaine de Québec Cette proposition de communication s’inscrit dans l’analyse des dynamiques sociospatiales associées aux 65 ans et plus. La région urbaine de Québec constitue le territoire d’étude de cette recherche. La communication vise à décrire et à analyser les espaces d’activité des personnes âgées de 65 ans et plus en fonction de certaines caractéristiques : sexe, âge, zone de résidence, mode de transport et motorisation. Les banques de données issues de l’enquête origine destination (OD) réalisée en 2006 par le ministère des Transports du Québec et le Réseau de transport de la Capitale seront exploitées à cette fin. Ces données décrivent les déplacements effectués au cours d’une journée de semaine par un échantillon représentatif de ménages demeurant dans la région urbaine de Québec. Les déplacements effectués par les 65 ans et plus seront analysés dans un premier temps et, dans un deuxième temps, les lieux de destination de ces déplacements seront utilisés pour estimer les territoires d’activité de ces personnes selon les caractéristiques mentionnées ci-dessus. De plus, les tendances concernant l’évolution de ces territoires seront esquissées à l’aide de précédentes enquêtes OD. Enfin, la question de la non-mobilité des personnes âgées sera également abordée. En conclusion, les ajustements à apporter dans l’organisation des transports seront discutés.
Laurence CLICHE, INRS La qualité environnementale autour des résidences privées pour personnes âgées en milieu urbain : le cas de Montréal et ses implications À Montréal comme dans d’autres grandes métropoles, les résidences privées avec services pour personnes âgées ont connu une croissance phénoménale depuis les vingt dernières années. Dans le cadre d’un projet de recherche mené en 2008, nous avons décrit la localisation des résidences privées avec services pour personnes âgées sur l’île de Montréal et qualifié les zones où elles s’établissent en termes d’environnement social, d’environnement physique et de « paysage » de services et d’équipements publics et privés. Parmi nos résultats, certains ont fait ressortir le caractère relativement défavorable de plusieurs milieux d’insertion des résidences montréalaises à l’égard d’au moins une des trois dimensions environnementales étudiées. Les caractéristiques de ces milieux urbains peuvent constituer d’importants obstacles à la poursuite d’un vieillissement équilibré, en nuisant à la pratique d’activités et à l’entretien d’une vie sociale satisfaisante dans le cadre d’un mode de vie autonome. Ces résultats soulèvent plusieurs questions concernant l’adaptabilité des environnements urbains et leur capacité à soutenir efficacement les personnes âgées qui voient leurs capacités décliner. Par ailleurs, ils soulèvent également la question de la responsabilité de la qualité environnementale en milieu urbain, et celle de la responsabilité sociale des municipalités à l’égard d’une clientèle en plein essor démographique, celle des personnes âgées.
Période de questions Pause
Jean-Pierre LAVOIE, Université McGill; Damaris ROSE, INRS-UCS; Victoria BURNS, Université McGill; Véronique COVANTI, INRS-UCS. Gentrification et dynamiques d’exclusion et d’inclusion sociale des aînés Avec l’avancée en âge, l’aire géographique de vie tend à se restreindre. Le quartier devient alors un élément primordial dans la vie sociale – les relations sociales se limitant graduellement aux personnes qui y habitent – et dans la définition de l’identité des aînés, celui-ci fournissant de nombreux repères identitaires. Toutefois, on a peu porté attention aux changements qui ont cours dans le quartier. Pourtant, les quartiers évoluent et se métamorphosent. Parmi les changements, il y a la gentrification de quartiers centraux dans plusieurs villes nord-américaines et européennes. Nous présenterons ici les premiers résultats d’une étude qualitative portant sur l’effet de la gentrification sur les dynamiques d’exclusion et d’inclusion sociale des aînés résidant ou ayant résidé dans deux quartiers de Montréal et deux de Toulouse. La présentation portera sur les deux sites montréalais. Plus de 25 entretiens ont été réalisés avec des aînés résidents, d’anciens résidents et des informateurs clés. Les premiers résultats indiquent que, même si un des deux quartiers à l’étude connaît une gentrification relativement rapide, elle est peu perçue par les résidents et anciens résidents âgés, notamment ceux vivant en HLM. Les changements perçus sont appréciés différemment et leurs répercussions sont plutôt limitées, même s’il y a perte de lieux de socialisation pour certains. Le maintien d’une certaine mixité sociale pourrait atténuer certains effets pervers de la gentrification.
Carole DESPRÉS, Université Laval Vieillir en banlieue ? Enjeux et défis de la ville étalée Que l’on soit pour ou contre, l’étalement urbain se poursuit. En effet, le territoire des agglomérations urbaines ne cesse de s’étendre, comme les photographies satellites en témoignent. En contraste, la croissance de la population de plusieurs villes du Québec est modeste, le taux de natalité et d’immigration ne suffisant pas à compenser la perte d’aînés. Si la tendance se maintient, le phénomène des« shrinking cities » présent au Japon, en Italie et en Allemagne pourrait bien s’appliquer à certaines municipalités québécoises. Comment dès lors relever le défi du développement durable dans nos sociétés vieillissantes? Quels enjeux particuliers d’aménagement se posent alors que la majorité des aînés habitent des territoires de banlieue et désirent y vieillir? Depuis 10 ans, le Groupe interdisciplinaire de recherche sur les banlieues de l’Université Laval tente de répondre à ces questions. La communication portera sur le vieillissement des banlieues de première couronne à Québec mais aussi sur la présence marquée d’aînés dans des développements plus récents, en marge des périmètres d’urbanisation. Le passé et les aspirations résidentiels des personnes âgées révélés dans deux enquêtes qualitatives (1999 et 2005) seront discutés en lien avec les défis que pose pour l’aménagement du territoire, le vieillissement « chez-soi ». Certaines pistes d’action seront suggérées à des fins de discussion, en lien avec des préoccupations de développement durable. Période de questions 13:30 - 15:55 Présidence/animation : Marie-Hélène VANDERSMISSEN, Université Laval Sébastien LORD, CEPS Vieillir en milieu de faible densité : les enseignements des « vieilles » banlieues nord-américaines Si pendant des années les milieux urbains ont vu se succéder les générations, les habitats récents – urbanisme fonctionnel – sont l’objet de questionnements liés à leur mixité fonctionnelle. Cette présentation discutera des enjeux urbanistiques mais également de l’expérience de personnes vieillissant en banlieue pavillonnaire, milieux de faible densité marqués par la dépendance automobile. Leur forme urbaine, illustrée avec des exemples issus de la banlieue typique des années 1950, est explorée pour montrer la difficulté de ces quartiers à évoluer au même rythme que leurs résidents. Un survol d’une thèse de doctorat menée dans l’agglomération de Québec sera effectué. L’évolution (1999-2006) de l’expérience résidentielle de 102 aînés propriétaires qui aspirent à vieillir en banlieue sera discutée. Plutôt que de déménager, ces aînés ont adapté leur situation en contournant les problèmes. Pendant que le scénario d’un avant et d’un après voiture où les aînés s’en remettent aux transports collectifs est difficile à envisager, et que l’autobus est loin de leurs préférences et compétences, penser la ville avec l’automobile sera un impératif. Cela doit s’effectuer avec le souci d’assurer la présence d’autres moyens de transport, collectif ou non. Sur la base d’expériences résidentielles, des éléments de réflexion en matière d’aménagement seront discutés en lien avec les notions d’urbanité, de durabilité, d’autonomie et d’indépendance.
Paula NEGRON POBLETE, Université de Montréal; Anne-Marie SÉGUIN, INRS-UCS; Philippe APPARICIO, INRS-UCS. L’accessibilité à pied pour les résidents âgés du Vieux-Longueuil, des problèmes à l’horizon Les banlieues de la première couronne de la Région métropolitaine de Montréal vieillissent et certaines présentent déjà d’importantes concentrations de personnes âgées. Avec l’âge, les capacités physiques des individus diminuent, les rendant plus sensibles à leur environnement immédiat et plus dépendants du transport en commun et de la marche. Toutefois, les personnes âgées désirent continuer à vivre dans leur quartier, mais ceci n’est envisageable que s’ils offrent des niveaux d’accessibilité adéquats. Or, les environnements suburbains favorisent rarement des modes de transport autres que l’automobile. Dans ce contexte, est-ce que le vieillissement sur place sera possible? Quels sont les éléments physiques qui représentent des barrières à la mobilité des personnes âgées? Nous avons étudié le cas de l’arrondissement du Vieux-Longueuil, développé surtout entre les années 1950 et 1965. À partir de mesures d’accessibilité, nous avons évalué l’accessibilité à pied aux commerces et services de proximité. L’analyse montre des différences majeures au sein de l’arrondissement. Les commerces et services sont concentrés le long d’axes qui ne favorisent pas l’accessibilité à pied. De plus, les caractéristiques du tissu urbain allongent les distances et empêchent le développement d’un commerce de proximité. La transformation de tels espaces sera nécessaire afin de les rendre accessibles à une population âgée.
Virginie LASALLE, Université de Montréal La personne vieillissante et son expérience vécue de l’espace intérieur Le vieillissement a parmi ses conséquences la modification de l’expérience vécue par la personne dans son espace de vie; d’une part ses besoins changent, mais aussi sa compréhension sensible de l’espace intérieur. Conséquemment, la planification d’un lieu de résidence qui sera occupé par une personne âgée nécessite une connaissance des éléments du cadre bâti ayant une influence sur son expérience vécue dans l’habitation, donc sur sa qualité de vie. Des recherches ont établi des corrélations entre certaines caractéristiques de l’architecture intérieure, l’expérience spatiale de la personne et le vieillissement; il est ainsi démontré que les couleurs, les formes et la lumière, composantes essentielles de l’espace intérieur, influencent positivement ou non l’expérience d’habitation de la personne vieillissante. Ces constats, d’un intérêt certain pour les designers d’intérieur, sont mis en application lors de la conception d’aménagements voués à l’habitation des aînés. Des réalisations effectuées au sein d’environnements institutionnels nous permettent d’illustrer les bienfaits qu’ont entraînés des adaptations du cadre bâti sur l’expérience sensible des usagers, modifiant leur perception et incidemment leur utilisation de l’espace. Enfin, des directions de recherche sont envisagées quant à l’examen du rôle que peuvent jouer ces mêmes composantes de l’espace intérieur dans l’organisation des rapports entre individus dans les lieux de cohabitation pour personnes vieillissantes.
Ernesto MORALES, Centre de recherche IUGM Les pièces du domicile les plus difficiles pour adultes ayant des incapacités motrices La littérature concernant les espaces à la maison pour adultes ayant des incapacités motrices suggère que la salle de bain est l’espace le plus difficile d’accès. Toutefois, une telle démonstration n’a pas été faite dans un processus scientifique. L’objectif de cette recherche est de déterminer quelles pièces du domicile sont les plus difficilement accessibles pour les adultes ayant des incapacités motrices. Une base de données de 66 personnes avec des problèmes de mobilité, dont l’interaction avec leur environnement physique a été mesurée par l’instrument d’évaluation ÉDIPE (Évaluation à domicile de l’interaction personne environnement), a été utilisée. Des analyses descriptives ont ensuite été faites avec le logiciel SPSS 15.0. Contrairement à ce qu’avance la littérature, les résultats ont montré qu’à Montréal et Québec, c’est l’entrée de la maison l’espace qui présente le plus des situations de handicap. L’étude met en évidence les problèmes que les maisons, en général au Canada, présentent pour personnes ayant des incapacités motrices. Ce résultat invite à questionner les systèmes de construction développés au Québec, qui ne permettent pas de maintenir l’entrée de la maison au niveau du trottoir. Cette étude doit être comprise comme une invitation ouverte aux designers, paysagistes, urbanistes et ergothérapeutes pour aborder cette problématique et trouver ensemble des solutions d’aménagement accessibles à tous.
Période de questions Pause
Table ronde : Vieillissement et aménagement, les enjeux 15:35 - 16:30 Présidence/animation : Anne-Marie SÉGUIN, INRS-UCS Participants : Stéphanie DUPONT, CSSS Cavendish Maude LANDREVILLE, chargée de projet, transport et mobilité des aînés. Table de concertation des aînés de l’île de Montréal Komala VOORA, Hôpital Notre-Dame A déterminer, Conseil des aînés 3. Personnes ressources Paula NEGRON, Professeure Anne-Marie SÉGUIN, Professeure 4. Synthèse A venir
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