Conférence midi

La réaction anti-woke : la nouvelle guerre contre les minorités

Denise Helly, professeure titulaire à l’INRS-UCS

Commentée par Raphaël Canet, professeur au département de sociologie au Cégep du Vieux-Montréal et Léo Palardy, étudiant au baccalauréat en sciences politiques à l’UQAM

Mercredi 08 mai 2024
12h30 à 14h00
INRS (385, rue Sherbrooke Est, Montréal). Local 2105

Gratuit et ouvert à toutes et à tous. En présence seulement. SVP confirmez votre présence à Salomé Vallette

Résumé de la conférence

Depuis plus d’une décennie, on assiste à une offensive publique contre une dite idéologie woke, qualifiée de guerre culturelle, de guerre contre la démocratie, contre la laïcité (et la République en France), contre l’unité nationale (séparatisme religieux), contre le christianisme, ou encore de racisme anti-blanc et de menace sur l’identité blanche. Au-delà des luttes discursives entre élites et politiciens par médias interposés, cette offensive cible des populations définies négativement comme menaçant plusieurs statu quo de l’heure. Majoritairement urbaines et issues de l’immigration, ces populations sont dites former des concentrations, voire communautés, en certains quartiers, mettre en péril par leur mode de vie, culture, religion, langue, les usages, mœurs et valeurs de majorités historiques, et jouir cependant de droits sociaux, voire politiques.

Nous retracerons brièvement les argumentaires des trois principaux courants de ce mouvement réactionnaire dit anti-woke né aux États-Unis et au Royaume-Uni, mais aussi fort actif au Québec et en France (extrême droite, droite, gauche), avant de discuter des trois principaux enjeux qu’ils soulèvent :

1. L’égalité des droits des minorités sous diverses formes : accès aux postes politiques et décisionnels, aux emplois protégés et mieux rémunérés, visibilité et reconnaissance sociales, dont l’enjeu de la réécriture de l’histoire et du rôle des institutions reconstruisant et transmettant celle-ci (écoles, universités, Projet 1619 par ex.).

2. La forme de l’intervention de l’État pour endiguer le racisme et ses effets inégalitaires : légaliste (interdire la discrimination), socio-politique (multiculturalisme, affirmative action ou réparer certains effets historiques de la discrimination), politiques sociales, nationales, municipales.

3. La validité de l’universalisme des Lumières.

Conférencière invitée

Denise Helly est professeure titulaire à l’Institut National de Recherche Scientifique et, depuis vingt ans, mène des recherches sur les minorités immigrées et nationales, l’insertion économique et socio-culturelle des immigrés du Québec, les politiques fédérale et québécoise de pluralisme culturel et, plus récemment, les liens entre citoyenneté, multiculturalisme et mondialisation.

Conférence commentée par Raphaël Canet et Léo Palardy

Raphaël Canet est professeur et coordonnateur du département de sociologie au Cégep du Vieux-Montréal.

Léo Palardy est étudiant au baccalauréat en sciences politiques à l’UQAM.

Ils ont récemment publié les résultats d’une recherche sur le traitement médiatique du wokisme dans la presse francophone québécoise (2016-2021) et sont actuellement en train d’actualiser leurs données pour la période 2021-2023. Lien vers leur publication: https://revuepossibles.ojs.umontreal.ca/index.php/revuepossibles/article/view/484